Fini la récupération de nos actions par l’UEQ : pour la rémunération de tous les stages!

Dans une entrevue à Radio-Canada diffusée le 30 août 2018, Guillaume Lecorps, président de l’Union étudiante du Québec (UEQ), s’est exprimé sur la compensation financière accordée pour le stage final en éducation. Suite aux propos tenus par le président de l’UEQ, il est impératif que nous rétablissions certains faits.

Lorsque la présentatrice mentionne les manifestations et les journées de grève menées durant la dernière année scolaire, Guillaume Lecorps mentionne que la CRAIES constitue l’essentiel du mouvement de mobilisation portant sur le stage-4 en éducation. Il ajoute que la compensation financière satisfait les gens qui se sont mobilisés. S’il est vrai que la CRAIES milite pour la compensation financière du stage final en éducation depuis belle lurette, les mandats de grève votés l’année dernière réclamaient, en grande majorité (si ce n’est pas en totalité), la rémunération de tous les stages, peu importe le niveau et le programme d’étude. Or, Lecorps n’a pas fait cette nuance. Il a préféré récupérer l’ensemble du travail militant et des actions entreprises pour le compte de la CRAIES, qui est un comité de travail au sein de l’UEQ.

Ce n’est pas la première fois que la CRAIES, ainsi que l’UEQ, s’approprie le travail effectué par les militantes et les militants en faveur de la rémunération de tous les stages. L’année dernière, l’ADEESE leur a d’ailleurs adressé une motion de blâme à ce propos avant de quitter l’organisation pour de bon, faute d’ouverture aux critiques apportés.

Un amalgame qui perdure

Depuis l’amorce de la campagne pour la rémunération des stages, démarrée par les Comités unitaires sur le travail étudiant, une confusion perdure dans l’espace médiatique. Les actions entreprises durant cette campagne ont souvent été amalgamées à la CRAIES. Or, les porte-paroles de la CRAIES, et de l’UEQ, n’ont jamais cru bon de corriger cette situation. Bien au contraire, depuis au moins un an, leur discours alimente cette confusion. Bien entendu, cette situation est tout à leur avantage puisque ces actions leur permettent d’obtenir du temps d’antenne tout en laissant penser que des gens se mobilisent autour de leur proposition. Il nous est permis de croire que, dans la situation contraire, les porte-paroles auraient tôt fait de rectifier le tir.

Il est donc naturel que nous nous sentions encore une fois instrumentalisé·es par des gens qui ne sont pas des allié·es. Cette affirmation peut sembler un peu brusque, c’est pourquoi nous devons l’expliciter. L’ADEESE, ainsi que les autres associations étudiantes qui ont voté des mandats de grève, prônent la rémunération de tous les stages et l’inclusion des stagiaires à la loi sur les normes du travail, afin que les stagiaires deviennent des salarié·es. À l’inverse la CRAIES et l’UEQ se contentent d’une compensation financière qui fait l’économie d’une réflexion sur le statut légal des stagiaires.

Nous invitons donc l’UEQ, la CRAIES, ou tout autre actrice ou acteur participant de près ou de loin à l’enjeu des stages non payés, à faire preuve de rigueur lorsqu’elles et ils commentent des événements à l’avenir. Il n’y a rien qui justifie la récupération opportuniste que Guillaume Lecorps a faite des actions auxquelles nous, et bien d’autres, avons participé.

Nous ne nous sommes jamais adonné·es à de telles pratiques et demandons le même traitement de la part des autres organisations étudiantes et/ou militantes.

Solidairement,
Le conseil exécutif de l’ADEESE-UQAM

2018-09-10_reaction_recup_par_UEQ

Avez-vous dit valorisation de la profession enseignante?

En date du 29 août, le Parti Libéral du Québec (PLQ) a emboîté le pas à la Coalition Avenir Québec (CAQ) avec la promesse électorale d’éliminer les six premiers échelons salariaux pour les jeunes enseignantes et les jeunes enseignants à partir de l’année scolaire 2021-2022. Le salaire de base serait donc à hauteur de 53 134$ plutôt que 44 985$, une hausse de quatre paliers, puisque les deux premiers échelons sont déjà caducs depuis que la formation universitaire est passée de trois à quatre ans… en 1994.

Il va de soi qu’une augmentation salariale de 20% est généralement bien accueillie. Toutefois, selon une analyse de Radio-Canada, seulement un quart des enseignant·es profiterons cette hausse. En effet, les enseignant·es comptant plus de quatre ans d’ancienneté ne seront pas concernés par cette mesure. En outre, pour bien comprendre l’impact de cette annonce, il est nécessaire de rappeler le contexte d’austérité dans lequel le milieu de l’éducation est plongé depuis plusieurs années. Effectivement, selon la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), près d’1,5 milliard de dollars ont été ponctionnés en éducation depuis 2010. Ainsi, avec un réinvestissement prévu de 1,2 milliard de dollars, le PLQ ne parviendra même pas à combler les coupures passées. Il est intéressant de noter qu’il y a quatre ans la FAE avait demandé au gouvernement libéral d’éliminer les six premiers échelons de la grille salariale des enseignant·es. Or, à l’époque, cette demande avait été refusée. On peut donc se demander pour quels motifs le PLQ a récemment retourné sa veste. Le désir de séduire les électeurs et électrices en période de campagne électorale pourrait-il en être la raison?

Ceci étant dit, il faut bien voir que les conséquences d’années de compressions en éducation ne pourront pas être gommées si facilement. Actuellement, le réseau scolaire est dans un état navrant. L’’insalubrité qui afflige certaines écoles est inacceptable. L’augmentation du ratio d’élèves par classe ne permet pas de dispenser un enseignement de qualité. D’autant plus que les solutions temporaires visant à pallier le surplus d’élèves, comme les classes modulaires (les fameuses roulottes!), posent de nombreux problèmes. Si on ajoute un manque de matériel et de ressources, une augmentation des heures de travail ainsi qu’une invisibilisation et la non-reconnaissance d’heures travaillées, on réalise rapidement à quel point la situation des enseignant·es est complexe. De ce fait, les enseignant·es subissent beaucoup de stress. La détresse psychologique et le décrochage précoce n’a pas baissée en près de 13 ans sur 15 de gouvernement libéral. Il est très peu probable qu’une augmentation salariale seule améliore considérablement les conditions d’enseignement. Nous y voyons plutôt une façon de nous faire accepter des conditions de travail qui empirent ou, au mieux, qui stagnent.

Si le Parti Libéral se targue d’avoir un plan de rénovation et de modernisation des écoles dans la province, il offre très peu de précisions sur les moyens qu’il préconisera afin d’y parvenir ni sur la façon dont il prévoit récolter les sommes nécessaires. Ce qui nous pousse à croire qu’il s’agit d’une promesse électorale qui pourrait très bien être bâclée ou ne pas être tenue.

Tant qu’à parler d’improvisation, nous profitons de l’occasion pour établir un parallèle avec la compensation financière récemment accordée pour le stage final en éducation. Ayant la mouture d’une bourse distribuée par l’Aide financière aux études (AFE), cette compensation sera versée sous la forme de deux chèques imposables. De plus, cette bourse amputera également une partie des bourses de l’AFE à ceux et celles qui en bénéficient. Le montant total ne sera donc jamais aussi élevé que le montant annoncé et les étudiant·es restent sous-payé·es.

Certes, cette compensation est bénéfique, mais elle est loin d’être idéale. En plus des raisons susmentionnées, elle perpétue les iniquités entre stages rémunérés et stages compensés. Et pour cause, à niveau de scolarité équivalent, les stagiaires rémunérés reçoivent plus d’argent que les stagiaires ayant des bourses compensatoires. Par conséquent, une telle mesure renforce notre conviction de poursuivre la lutte afin que tous les stages soient rémunérés, et ce dans tous les programmes d’études.

Solidairement,

Le conseil exécutif de l’ADEESE-UQAM

http://www.adeese.org/wp-content/uploads/2018-09-10_Reponse_hausse_salariale_PLQ.pdf

OFFRE D’EMPLOI COMMIS SLU

OFFRE D’EMPLOI

Commis au Service des livres usagés (SLU)

La personne recherchée est responsable, notamment, des fonctions suivantes :

  • Compléter des transactions de dépôt et de vente;
  • Répondre aux questions des clientes et clients;
  • Gérer la caisse;
  • Utiliser le matériel informatique lié au service;
  • Classer les livres aux endroits appropriés.

Exigences

  • Avoir de l’expérience au service à la clientèle;
  • Avoir de l’expérience en manipulation d’argent et en gestion de caisse;
  • Être capable de travailler en équipe;
  • Avoir une bonne communication orale et écrite en français;
  • Être membre de l’ADEESE.

Atouts

  • Détenir de l’expérience avec le logiciel Acomba ou autre logiciel de gestion libre;
  • Détenir de l’expérience au SLU;
  • Être intéressé.e à reprendre l’emploi pour l’année scolaire 2018-2019.

Conditions de travail et autres dispositions

  • Taux horaire de 15$/heure
  • La période d’emploi est du 27 août au 21 septembre 2018 (sujet à changement), en plus d’une journée de formation préalable à la période d’embauche (date à confirmer);

 

  • Les heures d’ouverture sont de 9h00 à 18h00 du lundi au jeudi et de 9h00 à 14h00 le vendredi;
  • Possibilité de reprendre la poste à la session suivante.

 

Les personnes intéressées doivent faire parvenir leur curriculum vitae, une lettre de motivation ainsi que leur horaire de cours avant le 30 août à 17h00 à l’adresse courriel suivante :

affaires.internes@adeese.org

Seules les candidatures retenues seront contactés pour l’entrevue. La date et l’heure exactes seront confirmées lors de la prise de contact avec la candidate ou le candidat.

 

JOURNÉE DE GRÈVE – Mardi 29 mai

Bonjour,

Veuillez noter que l’ADEESE-UQAM sera en grève le mardi 29 mai 2018 conformément au mandat de grève suivant:
Considérant l’urgence de faire reconnaitre et rémunérer le travail des stagiaires ;
Considérant les discussions qui ont eu lieu le 20 février 2018 lors du blocage du Conseil d’administration entre les étudiantes, étudiants et la rectrice Magda Fusaro, lors de notre première journée de grève de 2018 ;
Considérant le poids politique que représenterait la prise de position de l’UQAM pour la rémunération des stages ; 
Considérant que l’université Concordia s’est positionnée publiquement pour la rémunération des stages ; 
Considérant que le Conseil d’administration de l’UQAM est la plus haute instance de l’UQAM ;
 
Que l’ADEESE soit en grève toutes les journées où auront lieu les rencontres du Conseil d’administration de l’UQAM jusqu’à ce que le Conseil d’administration de l’UQAM prenne une position pour la rémunération de tous les stages dans tous les domaines ; 
Que l’ADEESE bloque la tenue des rencontres du Conseil d’administration de l’UQAM jusqu’à ce que celui-ci mette à son ordre du jour, au début de celui-ci, un point décisionnel de position pour la rémunération des stages et que sept étudiantes soient invités-es à être présents-es à cette réunion du Conseil d’administration pour présenter la situation de la lutte à la rémunération des stages et répondre aux questions ;
Que l’ADEESE invite les autres associations étudiantes de l’UQAM a être en grève lors des journées de rencontre du Conseil d’administration de l’UQAM ;
Que l’ADEESE invite les associations étudiantes d’autres établissements d’enseignement à faire pression sur leur administration afin que d’autres établissements d’enseignement présentent des positions pour la rémunération des stages ;
Que les stages hors Québec soient exclus de l’application de la présente résolution.

Cessons de crier victoire : une réponse féministe à la compensation financière

  1. Invisibilisation

La CRAIES a récemment crié victoire par rapport à l’annonce du gouvernement d’attribuer un budget pour la compensation du stage final en éducation. Toutefois, la CRAIES, représentée généralement et majoritairement par des hommes, n’a pas pris en compte les conditions vécues majoritairement par les personnes opprimées dans le genre à travers leur prise de position. Crier victoire sur la probable obtention d’un dédommagement financier invisibilise les discours féministes mis de l’avant durant les derniers mois sur les violences sexuelles en milieux de stage.  

  1. Relations de pouvoir et violences sexuelles et psychologiques

En choisissant d’accorder une compensation plutôt qu’une rémunération, on ne reconnaît toujours pas la valeur du travail réalisé par les stagiaires. En effet, cette dévalorisation nous rend encore plus propices à l’exploitation et à la soumission, car cela nous place en position d’infériorité face aux autres professionnel.le.s dans les milieux de stage. Ayant un moindre pouvoir d’agir, de dénoncer ou de contester, il devient très difficile de se défendre contre les oppressions et les violences sous toutes ses formes.  

N’étant pas reconnues comme travailleuses par les normes du travail, nous avons aucune défense contre les violences sexuelles et psychologiques. « Votre employeur doit prendre des mesures pour prévenir le harcèlement sexuel et y mettre fin, s’il y a lieu » (source: https://www.educaloi.qc.ca/capsules/le-harcelement-sexuel-au-travail). En tant que stagiaire non-rémunérée, ni le milieu de stage, ni l’université, n’occupe le rôle d’employeur : la non-reconnaissance des tâches que nous effectuons en stage comme un travail nous place donc, dans un flou administratif concernant les politiques relatives au harcèlement sexuel en milieu de travail.

         – Membres du comité féministe en éducation

Les étudiant·es de la Faculté de l'Éducation de l'UQAM s'organisent au sein de l’ADEESE-UQAM afin de défendre et de promouvoir leurs droits et intérêts.